Quest-ce que la vĂ©ritĂ© chrĂ©tienne? Temps de lecture : 11 min. Guillaume Fauvel et Nonfiction — 9 aoĂ»t 2015 Ă  16h57. Dans son dernier ouvrage, Petit Ă©loge de la Peuton renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© ? 18 dĂ©cembre 2018. Si on insiste tant sur l’exigence de vĂ©ritĂ©, c’est parce qu’elle est, simultanĂ©ment, la condition pratique d’une vie partagĂ©e – se parlerait-on encore si tout ce que nous disons Ă©tait erronĂ©, ou mensonger ? – et la valeur selon laquelle . Lire la suite. Etpourtant, sachant que la raison a ses limites mais que la croyance n’en a point, nous pouvons aisĂ©ment en dĂ©duire que la croyance dĂ©limite la raison, c’est-Ă -dire que pour expliquer les fondements de la science par exemple, il faut croire Ă  une vĂ©ritĂ© premiĂšre. Fast Money. [Introduction] L'homme ,est un animal douĂ© de raison. La cĂ©lĂšbre phrase de Descartes qui ouvre le Discours de la mĂ©thode nous le rappelle Le bon sens est la chose du monde la mieux partagĂ©e ». Bien avant Descartes, CicĂ©ron affirmait Vivere est cogitare, Vivre c'est penser ». Cette raison cherche des certitudes. Quel est alors le rĂŽle du doute dans cette quĂȘte de la vĂ©ritĂ© ? L'exercice du doute construit-il ou fait-il renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© ? La recherche de la vĂ©ritĂ© peutelle se passer du doute ? [I - Le doute sceptique l'errance de la raison] Le scepticisme est dĂ©fini par Lalande comme La doctrine d'aprĂšs laquelle l'esprit humain ne peut atteindre avec certitude aucune vĂ©ritĂ© ». L'esprit se dĂ©clare incapable d'affirmer ou de nier quoi que ce soit. le scepticisme absolu des pyrrhoniens et de leurs disciples n'est pas un point de dĂ©part mais une conclusion –la conclusion d'Ă©chec- au terme de l'aventure du savoir. EnĂ©sidĂšme avait groupĂ© les arguments sous dix titres ou tropes que Sexus Empiricus rĂ©duisit Ă  cinq. Il faut connaĂźtre ces arguments qu'on retrouve chez Montaigne, chez Pascal et chez Anatole France. a La contradiction des opinions. Les sophistes grecs frappĂ©s par la contradiction des opinions des philosophes par exemple HĂ©raclite disait que le rĂ©el n'est que changement, alors que ParmĂ©nide niait le changement aboutissent Ă  la conclusion pessimiste que la vĂ©ritĂ© qui devrait ĂȘtre universelle est inaccessible. Les sceptiques ont Ă©tĂ© parfois de grands voyageurs qui, Ă  force d'avoir vu les gens les plus divers professer des opinions contradictoires, adopter des valeurs diffĂ©rentes, ne croient plus Ă  rien. Pyrrhon avait par exemple accompagnĂ© le conquĂ©rant Alexandre dans un grand nombre de ses expĂ©ditions. Montaigne avait visitĂ© l'Allemagne, l'Italie, mais avait surtout dans sa librairie » voyagĂ© parmi des systĂšmes philosophiques innombrables et tous diffĂ©rents. Pascal reprend les thĂšmes de Pyrrhon et de Montaigne VĂ©ritĂ© en deçà des PyrĂ©nĂ©es, erreur au-delĂ . » b La rĂ©gression Ă  l'infini. Une vĂ©ritĂ© ne peut pas ĂȘtre acceptĂ©e sans preuves comme telle car il n'existe pas un signe du vrai comparable Ă  la marque imprimĂ©e sur le corps des esclaves et qui permet de les reconnaĂźtre quand ils sont en fuite. » Mais si je propose une preuve pour une affirmation, le sceptique me dira Prouve ta preuve ». ainsi la preuve qu'on apporte pour garantir l'affirmation a besoin d'une autre preuve et celle-ci d'une autre Ă  l'infini. Pour connaĂźtre la moindre chose je suis d'autre part contraint de remonter Ă  l'infini, c'est-Ă -dire de mettre ce donnĂ© en rapport avec une infinitĂ© d'autres faits. Car chaque chose est relative Ă  toutes les autres et pour connaĂźtre le moindre objet il faudrait connaĂźtre son rapport avec tout l'univers. Nous ne connaissons le tout de rien, ce qui revient Ă  ne connaĂźtre rien du tout. c La nĂ©cessitĂ© d'accepter des postulats invĂ©rifiables. Ne pouvant remonter de preuve en preuve Ă  l'infini, l'esprit accepte toujours sans dĂ©monstration un point de dĂ©part qui est une simple supposition et dont la vĂ©ritĂ© n'est pas garantie. d Le diallĂšle les uns par les autres. Il n'est pas possible de raisonner en Ă©vitant les cercles vicieux ». Ainsi, je dĂ©montre que a est vrai en supposant b est vrai et je dĂ©montre que b est vrai en supposant que a est vrai. Je commets un cercle vicieux en dĂ©montrant les unes par les autres des propositions dont aucune n'est fondĂ©e a priori. Le cercle vicieux par excellence est celle-ci pour prouver la valeur de ma raison, il faut que je raisonne, donc prĂ©cisĂ©ment que je me serve de cette raison dont la valeur est en question ! Nous voilĂ , comme dit Montaigne, au rouet ». e Toute opinion est relative.. » La vĂ©ritĂ©-> Le besoin de vĂ©ritĂ© La vĂ©ritĂ© est l'exigence fondamentale de la pensĂ©e, car la pensĂ©e ne peut pas se soustraire Ă  la quĂȘte du Vrai. La vĂ©ritĂ© est l'horizon de l'esprit. Elle s'impose comme l'exigence spirituelle mĂȘme. On ne peut pas nier cette exigence, sauf en produisant une contradiction qui empĂȘche la pensĂ©e de s'exercer. L'Ă©cole philosophique qui met en question la capacitĂ© de l'Homme Ă  accĂ©der Ă  la vĂ©ritĂ© est le scepticisme. C'est l'art de douter, de mettre en question les jugements. Le fondateur du scepticisme est Pyrrhon d'Elis IVĂšme siĂšcle av. J-C. Ce mot vient du verbe grec regarder, contempler ». C'est attitude qui consiste Ă  regarder le monde en se retenant de le juger. Le jugement bride notre expĂ©rience du rĂ©el. Le sceptique est celui qui veut faire abstraction des jugements portĂ©s sur le monde pour pouvoir le contempler. On distingue trois types de scepticismes le scepticisme mĂ©thodique Descartes Pour le sceptique mĂ©thodique, le doute est un instrument Ă©pistĂ©mologique. La science ne progresse que lorsqu'elle est capable de se mettre en doute. Notre besoin de vĂ©ritĂ© s'exprime dans le fait que nous sommes capables de la mettre en question. La physique, par exemple, n'aurait jamais Ă©voluĂ© si Newton n'avait pas doutĂ© d'Aristote, Einstein de Newton, ...le scepticisme mystique Le doute est ici une attitude existentielle, un comportement fondamental qui transforme radicalement la prĂ©sence humaine. Le sceptique mystique ne porte jamais de jugement, il renonce au pouvoir de la parole car pour lui le monde est un objet de contemplation et non de scepticisme absolu Ici, le scepticisme produit la contradiction si je doute de tout, je ne peux pas douter du fait que je doute, sinon cela veut dire que je ne doute plus. Ainsi on ne peut pas douter de tout, sinon on se contredit. Quelque chose rĂ©siste Ă  l'entreprise sceptique c'est l'exigence de la vĂ©ritĂ©. Il y a un seuil au-delĂ  duquel on ne peut plus sans contradiction mettre en doute l'exigence de la vĂ©ritĂ©. Le besoin de vĂ©ritĂ© est si intime en l'esprit qu'y renoncer ou le nier est une sorte de suicide mental. L'esprit qui n'assume pas l'exigence du Vrai est La nature de la vĂ©ritĂ© Il faut distinguer la vĂ©ritĂ© de la sincĂ©ritĂ©, la rĂ©alitĂ© et l'authenticitĂ©. Au sens logique le plus Ă©troit, la vĂ©ritĂ© est une propriĂ©tĂ© du langage. Au sens strict, ce qui peut ĂȘtre vrai ou faux est un jugement, une phrase. Le bureau par exemple n'est ni vrai ni faux. Un objet ne peut pas ĂȘtre vrai ou faux, c'est ce qu'on en dit. Tous les jugements ou discours ne sont pas Ă©galement susceptibles d'avoir une valeur de vĂ©ritĂ©. Bonjour » n'est ni vrai ni faux, mais peut ĂȘtre sincĂšre ou non. Un poĂšme est un discours qui n'est ni vrai ni faux, il a seulement une valeur esthĂ©tique. Le discours susceptible d'ĂȘtre vrai ou faux est ce qu'Aristote appelle le discours apophantique dire quelque chose de quelque chose d'autre C'est affirmer ou nier quelque chose de quelque chose », Aristote, De l'interprĂ©tation, livre III. Exemples la rose est belle ; le cours est fatiguant ; le ciel est bleu. La rĂ©alitĂ© est dĂ©voilĂ©e dans le jugement. Le langage est un miroir de la rĂ©alitĂ©, un opĂ©rateur par lequel toute rĂ©alitĂ© trouve Ă  ĂȘtre rĂ©flĂ©chie. La vĂ©ritĂ© est la propriĂ©tĂ© qu'a le langage de nous dĂ©voiler le monde alhqeia = vĂ©ritĂ© ; lhqeia = sommeil, oubli. Le discours apophantique est celui oĂč ce dĂ©voilement est possible. Le jugement vrai est celui qui est en adĂ©quation avec le rĂ©el. La vĂ©ritĂ© est la fidĂ©litĂ© du langage Ă  l' / Dire / Être -> Miroir non dĂ©formant = SincĂ©ritĂ© -> Miroir non dĂ©formant = Vrai -> Miroir dĂ©formant = Mensonge -> Miroir dĂ©formant = Faux On peut dire sincĂšrement quelque chose de faux dire que la Terre est plate si on le pense vraiment et on peut mentir en disant la vĂ©ritĂ© ĂȘtre convaincu que la Terre est plate mais dire qu'elle est ronde. RĂ©alitĂ© » vient du latin res » signifiant chose. Ainsi, la rĂ©alitĂ© est l'ensemble formĂ© par toute chose. L'authenticitĂ© est l'adĂ©quation entre la chose et son concept, sa dĂ©finition. Le logos a longtemps Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme un pouvoir magique. Ainsi le mot grammaire » a donnĂ© en anglais glamour », qui renvoie Ă  une idĂ©e de charme. De cette maniĂšre, on peut dire que celui qui maĂźtrise la grammaire peut faire surgir Ă  volontĂ©, comme en se servant d'un pouvoir magique, la vĂ©ritĂ© et la Les propriĂ©tĂ©s du jugement vrai - Je parle » = Jugement performatif jugement qui Ă©nonce ce qu'il fait. C'est l'Ă©noncĂ© mĂȘme qui transforme la rĂ©alitĂ©. Par exemple Je vous dĂ©clare mari et femme. » ; Je vous condamne Ă  127 ans de prison. » ; Merci. »- Je suis une fille » = Jugement empirique, comme le La vie se termine par la mort » = Jugement absolument vrai. Un jugement qui dĂ©veloppe la dĂ©finition mĂȘme du sujet qu'il dĂ©termine est un jugement parfaitement vrai Toute matiĂšre occupe un espace. » ; Un triangle a trois angles. » Ce sont des jugements analytiques, par opposition Ă  jugements synthĂ©tiques. Une analyse est une dĂ©composition, une division. Un jugement analytique dĂ©compose son sujet. 99% des jugements sont des jugements synthĂ©tiques, car on peut les mettre en doute dans la mesure oĂč ils ne dĂ©veloppent pas la dĂ©finition du sujet. Le jugement analytique parfaitement vrai a toujours nĂ©cessairement trois propriĂ©tĂ©s -> il est nĂ©cessaire = ce qui ne peut pas ne pas ĂȘtre = ce dont le contraire est impossible, par opposition Ă  contingent-> il est objectif = sa vĂ©ritĂ© ne dĂ©pend pas du point de vue que l'on a sur la chose-> il est universel = quels que soient le temps et le lieu, par opposition Ă  particulier, singulier. Le jugement analytique, on s'en fiche. C'est la vĂ©ritĂ© pure qui nous intĂ©resse le moins, qui est la plus vide de signification. Elle ne fait pas augmenter les connaissances. Bien qu'ils soient parfaitement nĂ©cessaires, la quĂȘte humaine de la vĂ©ritĂ© ne peut pas s'arrĂȘter aux jugements analytiques. La vĂ©ritĂ© la plus pure est la vĂ©ritĂ© la plus vainse qui, au lieu d'assouvir notre appĂ©tit de connaissances, le perception La sensation par nature est vague et infrarationelle, elle n'a pas par elle-mĂȘme de sens, contrairement Ă  la perception qui commence lorsqu'on rapporte un ensemble de choses senties en une seule et unique chose. C'est le recueil de choses senties en une signification, ce qui vient unifier les sensations. La perception est liĂ©e Ă  la conscience, la sensation Ă  la physiologie. Pour percevoir, il faut dĂ©jĂ  Perception = Acte de l'intelligence-> Sensation = Fait de la chair, Ă©tat brutDans le mot ob/jectif, il y a une idĂ©e de placement en avant, de mise en relief, tout comme dans pro/stituer. -> C'est ce que l'on peut manipuler Ă  loisir, ce sont on peut faire le tour sous tous les -> Ce qui est tendu vers l'unitĂ© -> L'idĂ©e que la rĂ©alitĂ© fait un -> UniversitĂ© = Le lieu de l'universel, le lieu qui par nature est destinĂ© Ă  dĂ©couvrir la vĂ©ritĂ©. L'esprit humain doit toujours prendre le risque de l'erreur et s'engager dans des jugement synthĂ©tiques. C'est ce que font les sciences La vĂ©ritĂ© expĂ©rimentale -> En quel sens perle-t-on de vĂ©ritĂ© dans les sciences expĂ©rimentales que sont la physique, la biologie, la gĂ©nĂ©tique... ? Les sciences sont classĂ©es sous diffĂ©rentes catĂ©gories Les sciences dures, qui ne permettent pas d'ĂȘtre remises en question et proposent des Ă©noncĂ©s analytiques. Il n'en existe que deux la logique et les sciences expĂ©rimentales, qui sont fondamentalement sciences humaines qui ne produisent que des Ă©noncĂ©s synthĂ©tiques la gĂ©ographie, l'histoire, la psychologie, les langues,... La philosophie n'est pas une science humaine. Elle n'est d'ailleurs ni dure ni expĂ©rimentale elle est le lien entre toutes ces sciences. Elle est une mĂ©taphysique, une science absolue. Dans les sciences expĂ©rimentales, on attend de l'expĂ©rience qu'elle vĂ©rifie une hypothĂšse. Une expĂ©rimentation est une expĂ©rience artificiellement provoquĂ©e dans le but de vĂ©rifier une hypothĂšse prĂ©alablement posĂ©e par le scientifique. L'expĂ©rimentation est un dispositif technique qui permet de'authentifier la vĂ©ritĂ© de l'hypothĂšse. Ce qui garantit la vĂ©ritĂ© des sciences expĂ©rimentales est l'expĂ©rience, contrairement aux mathĂ©matiques ou Ă  la logique. Le critĂšre du Vrai n'est plus la rigueur analytique mais l'efficience synthĂ©tique. La marche de la science expĂ©rimentale est une marche de dĂ©sillusions La formation de l'esprit scientifique Le scientifique pratique le scepticisme mĂ©thodique. Il n'y a pas d'esprit scientifique qui ne soit pas esprit sceptique, car il met en doute une premiĂšre observation et met en Ɠuvre sa capacitĂ© de doute. Cela prĂ©suppose que la rĂ©alitĂ© est toujours source d'illusions, qu'elle est trompeuse et que le premier contact que nous avons avec elle est toujours un contact infidĂšle. Le scientifique est celui qui se met en garde contre les trompe-l'Ɠil. Par exemple, quand on plonge un bĂąton dans l'eau, on a l'impression qu'il est brisĂ©, ce qui est absolument faux. Il y a une dimension esthĂ©tique de la science pour Bachelard, la nature est d'abord un trompe-l'Ɠil, elle ne se livre pas tout de suite Ă  nous, il faut savoir la dĂ©voiler. Comme le dit HĂ©raclite, La nature aime Ă  se cacher ». Pour les Égyptiens et les plus anciens Grecs, Isis est la dĂ©esse de la nature et est toujours reprĂ©sentĂ©e voilĂ©e. La nature de la science est de dĂ©voiler Isis, pour pouvoir reconnaĂźtre ce qui est en vĂ©ritĂ©. Comme le dit Bacon XVIĂšme siĂšcle dans son Norum Organum Il faut traiter la nature comme une fille de joie », c'est-Ă -dire la forcer Ă  se dĂ©voiler. Pour Bacon, la science moderne est un viol de la nature. L'ambition du scientifique est de la dĂ©barrasser des masques dont elle se pare. Mais y a-t-il des choses qui sont sans diffĂ©rence ce qu'elles paraissent ĂȘtre ? Oui ce sont les Ɠuvres d'art, car elles ne sont justement qu'un apparaĂźtre ; tout art est mimĂ©tique. Observation polĂ©mique » est un terme Ă©trange, car polĂ©mique au sens Ă©tymologique vient du grec polemoV qui signifie combat. D'aprĂšs HĂ©raclite, Le combat est pĂšre de toute chose », c'est-Ă -dire que toute rĂ©alitĂ© ne doit sa nature propre et intime qu'Ă  un rapport de force. Les dualitĂ©s structurent le rĂ©el et font apparaĂźtre ce qui est. La science est un combat contre les voiles d'Isis, c'est-Ă -dire contre les apparences. L'auteur prĂ©suppose qu'entre les termes ĂȘtre » et apparaĂźtre » il y a une diffĂ©rence. C'est dans cet Ă©cart que se glisse la possibilitĂ© de l'illusion ludere = jouer. L'illusion est un jeu dans le sens d'un Ă©cart, et dans le sens d'un jeu avec les apparences. En Inde, la Maya dĂ©signe le voile d'illusions qui recouvre toute chose. L'observation scientifique ne se fait jamais au hasard, elle est guidĂ©e par un jugement prĂ©alable, un Ă -priori. Si on fait l'hypothĂšse qu'il y a une relation entre croissance d'un vĂ©gĂ©tal et lumiĂšre, on peut faire une expĂ©rimentation en mettant un cactus dans une boĂźte noire. On constate qu'il meurt et infirme la thĂ©orie. La recherche scientifique est une dynamique de vĂ©rification hypothĂšse -> expĂ©rimentation -> hypothĂšse -> expĂ©rimentation.... C'est le propre de la science expĂ©rimentale. Elle montre en dĂ©montrant » est un paradoxe. Une dĂ©monstration est une chaĂźne nĂ©cessaire de propositions, articulĂ©es entre elles de sorte qu'il n'y ait pas de saut entre deux d'entre elles. La monstration en revanche est immĂ©diate. Cette phrase signifie qu'elle dĂ©voile la vĂ©ritĂ© immĂ©diatement mais comme l'effet d'une sĂ©rie de mĂ©diations. Elle hiĂ©rarchise les apparences » signifie que si l'on a dĂ©couvert la vĂ©ritĂ© de la chose, il faut ĂȘtre capable de reconstruire l'ordre de son dĂ©voilement en classant les apparences de la plus trompeuse Ă  la moins trompeuse. La rĂ©alitĂ© observe la science c'est une rĂ©alitĂ© que la science pense, qu'elle construit. Le rĂ©el scientifique est la consĂ©quence d'un travail genre de rĂ©alitĂ© la science contemporaine soutend-elle ? -> Les sciences expĂ©rimentales contemporaines sont analytiques procĂ©dant par division et matĂ©rialistes. Ses caractĂ©ristiques propres sont de dĂ©composer un objet simple en une multiplicitĂ©. Elles disent que tout est matiĂšre, que n'a de rĂ©alitĂ© que ce qui est matĂ©riel et mesurable. Elles nient l'existence de faits spirituels et psychiques. Pour la science contemporaine, un sourire n'est qu'une contraction musculaire, le logos un Ă©bruitement vocal. La science analyse des phĂ©nomĂšnes qu'elle produit elle-mĂȘme. Ce qui rend cela possible est l'analyse. L'instrument est créé par l'Homme pour vĂ©rifier une thĂ©orie ce qui rend possible l'invention du microscope est l'idĂ©e qu'au fond des choses il y a des choses invisibles Ă  l'Ɠil nu, mais qui constituent les choses. La science entretient une relation vertueuse de la technique. On n'a pu construire une accĂ©lĂ©rateur de particules que parce que l'on avait une thĂ©orie physique des particules Ă©lĂ©mentaires. Ce que la science expĂ©rimentale fait apparaĂźtre comme rĂ©alitĂ© est une rĂ©alitĂ© rationnelle, qui est l'effet de la raison. La quĂȘte de vĂ©ritĂ© est-elle toujours dĂ©sintĂ©ressĂ©e ? Savoir/Pouvoir Connaissance/Puissance La science a pour vocation de rendre l'Homme comme maĂźtre et possesseur de la nature » Descartes, Discours sur la mĂ©thode -> Par la puissance technique que confĂšre la science, l'Homme se divinise. C'est une quĂȘte de la toute-puissance. Bible, Serpent Ă  Ève Mangez-en, vous serez comme des dieux »-> La quĂȘte de la connaissance est-elle sĂ©parable de la quĂȘte de puissance ?-> La vĂ©ritĂ© au sens pragmatiquePragmatique -> Avoir les pieds sur terre -> Avoir le sens pratique -> = Dogmatique -> pragma = Action dans son rapport Ă  la chose -> VĂ©ritĂ© rĂ©duite Ă  l'efficacitĂ©Ce qui est vrai est ce qui marche pour notre Le pragmatisme A l'exigence du savoir, James substitue l'exigence du croire, de la crĂ©dibilitĂ©. Au cƓur de ce texte est la notion de croyance. Il laisse une place Ă  la vĂ©rification, aux sciences expĂ©rimentales, mais nous parle ici de la vie courante, de l'adhĂ©sion subjective Ă  la vĂ©ritĂ© d'un Ă©noncĂ© =croyance. Si la vĂ©ritĂ©...vĂ©rification » -> ThĂšse de Bachelard. N'est-ce pas anticipĂ© de dire C'est une tĂ©lĂ© » alors que nous n'avons rien fait pour vĂ©rifier cela ? Ce serait de la folie de vouloir tout vĂ©rifier. Nous flottons dans un univers de croyances la plupart du temps, on se fiche de la vĂ©rification car la croyance nous rĂ©ussit. Le but de cette croyance est l'intĂ©gration sociale et psychologique de l'individu. James est donc d'accord avec la thĂšse de Bachelard, mais dit simplement qu'elle n'est pas applicable au quotidien. On tient un jugement pour vrai si il est commode. Il y a une asymĂ©trie entre croire et savoir pour une certitude, deux cents croyances plus ou moins rationnelles, d'opinions invĂ©rifiĂ©es. Il subordonne la vĂ©ritĂ© Ă  la vie quotidienne de la vĂ©ritĂ© on attend qu'elle permette de vivre et nous facilite la vie. AngĂ©lus SilĂ©sius, Le pĂšlerin chĂ©rubinique La rose est sans pourquoi » La beautĂ© authentique est celle qui s'ignore Les vĂ©ritĂ©s sont invĂ©rifiĂ©es mais vĂ©rifiables, et nous dĂ©lĂ©guons aux savants le soin de vĂ©rifier Ă  notre place les Ă©noncĂ©s auxquels nous ne faisons que croire. On peut toujours suspecter la vĂ©ritĂ© d'ĂȘtre un mensonge. La vĂ©ritĂ© vit Ă  crĂ©dit » -> Son existence mĂȘme est relative non pas Ă  l'efficience d'une dĂ©monstration mais Ă  l'intensitĂ© d'une croyance, d'une confiance. La valeur de la vĂ©ritĂ© est comparĂ©e Ă  la valeur Ă©conomique. La bulle spĂ©culative de la finance n'est pas diffĂ©rente de la bulle spĂ©culative de l'Ă©pistĂ©mologie. James un rationaliste, car si il n'y a pas du tout de vĂ©rification, l'Ă©difice de vĂ©ritĂ©s s'Ă©croule ». Sans certitudes rationnelles, la croyance s' La vĂ©ritĂ© comme intuition Pascal nous dit qu'il y a deux modes de connaissance du rĂ©el. L'esprit a deux façons de se rapporter Ă  la rĂ©alitĂ©, qui sont complĂ©mentaires et contradictoires. Ce sont d'un cĂŽtĂ© la raison, de l'autre le cƓur. Par raison », il entens facultĂ© dĂ©monstrative ». La raison rend raison de ce qu'elle avance. Il y a d'un cĂŽtĂ© une raison qui dĂ©montre, de l'autre le cƓur qui est, selon la dĂ©finition qu'en donne Pascal, une facultĂ© immĂ©diate de XVIIĂšme siĂšcle, cƓur = vertu, courage = siĂšge des Ă©motions, liĂ© Ă  l'Ăąme = intuition -> capacitĂ© de connaissance faut distinguer un savoir rationnel d'un savoir intuitif. Pascal nous dit que la raison se fonde sur le cƓur toute dĂ©monstration se fonde toujours sur de l'indĂ©montrable. Au fond de toute dĂ©monstration il y a nĂ©cessairement de l'indĂ©montrĂ© et de l'indĂ©montrable, au fond de toute explication de l'inexplicable. Intuitivement, nous savons que la sĂ©rie des nombres est infinie. La connaissance intuitive du cƓur est fondamentale fondatrice et profonde car elle nous ramĂšne Ă  ce qu'il y a d'essentiel dans la connaissance. Les pyrrhoniens disent que la raison ne tient pas car elle est toujours fondĂ©e sur quelque chose d'indĂ©montrable c'est le principe de rĂ©gression Ă  l'infini. Dans la quĂȘte du fondement, nous sommes conduits Ă  l'abĂźme. La raison n'est donc pas toute-puissante. Pascal dit que les sceptiques ont tort car la raison ne dĂ©lire pas il y a une interaction vertueuse entre l'intuition et la raison. On ne peut pas intuitionner une dĂ©monstration, et on ne peut pas dĂ©montrer une intuition. La raison doit reconnaĂźtre que son existence est conditionnĂ©e par une autre facultĂ©. Toute vĂ©ritĂ© n'est pas rationnelle, certaines sont suprarationnelles existence de l'espace et du temps, infinitĂ© des nombres,... Celui qui voudrait comprendre intuitivement une dĂ©monstration serait tout aussi ridicule que celui qui voudrait dĂ©montrer ce que l'on comprend en un clin d'oeil. Le concept de vĂ©ritĂ© doit aussi ĂȘtre compris intuitivement, il faut faire droit Ă  la dimension instinctive de la vĂ©ritĂ©. Mais cet instinct n'est pas empirique c'est la saisie mentale des prinsipes. Nous connaissons la vĂ©ritĂ© principiellement et rationnellement. La raison est sujette aux principes du coeur. Mais le principe doit Ă©galement reconnaĂźtre l'exigence de la La vĂ©ritĂ© au sens religieuxReligion -> re-ligere = relation -> lien -> intelligence inter-ligere / inter-legereRelation triangulaire Dieu FidĂšles FidĂšlesQuelque soit la religion, il y a toujours la position d'un principe ultime hindouisme -> Brahma -> Shiva/Shaktireligion olympionique -> Chaos -> GaĂŻa -> Ouranos -> MoĂŻra destinUne religion est une exigence de totalisation et d'unification. Il y a un terme oĂč tout s'arrĂȘte et oĂč tout commence. Notre nostalgie -> douleur du retour -> Ulysse de l'origine est une forme de religion. L'homme comme ĂȘtre relatif pense qu'il a un chez-soi au-delĂ  de l'Histoire. Toute religion est une relation Ă  une origine absolue. DerriĂšre toute religion, il y a l'idĂ©e que l'homme est relatif, qu'il n'est pas Ă  lui-mĂȘme son propre principe, qu'il a sa raison d'ĂȘtre en dehors de lui dans un absolu. Il est toujours subordonnĂ© Ă  un principe ultime qui le dieu est un principe absolu de la prĂ©sence des choses. Peut-on penser sous l'existence d'un tel principe ? principe = ce qui ordonne = mettre de l'ordre / donner des ordres. C'est un principe d'intelligibilitĂ© et un principe religion, par nature, prĂ©tend avoir le monopole de la vĂ©ritĂ©, et sont donc exlusives les unes des autres. Une religion est nĂ©cessairement vraie par exclusion des autres. Toute religion est orthodoxe orqoV-doxa car elle prĂ©tend dĂ©voiler la vĂ©ritĂ© absolue et dĂ©masquer toutes les illusions, les hĂ©rĂ©sies liĂ©es Ă  ce principe absolu. Exemple Le christianisme est une rĂ©futation du judaĂŻsme, l'islam une rĂ©futation du judaĂŻsme et du christianisme. Qu'est-ce qui fonde la vĂ©ritĂ© au sens religieux ?Les jugements religieux sont-ils des jugements analytiques ? Non -> La vĂ©ritĂ© religieuse est irrĂ©ductible par la force d'une vĂ©ritĂ© religieuse est-elle fondĂ©e sur une expĂ©rimentation ? Non -> Elle n'est pas fondĂ©e dur l'efficience d'une une simple croyance qui nous rassure ? Elle terrifie autant qu'elle rassure perspactive de damnation Ă©ternelle, de seconde mort. Elle n'est donc pas fondĂ©e sur la thĂšse de James. Mais elle est fondĂ©e sur la force d'un tĂ©moignage d'un ange, de Dieu, d'un prophĂšte, d'un saint, d'un martyr,... en tant que ce tĂ©moignage remporte l'adhĂ©sion subjective individuelle. La croyance religieuse se fonde sur l'aura d'un tĂ©moignage. Il y a bien un moment d'opposition entre la raison et la croyance. Tertullien II-IIIĂšme siĂšcles aprĂšs J-C J'y crois parce que c'est absurde » e parlant de la Les preuves fatiguent la vĂ©ritĂ© »La foi prend le relais de la veut dire croire en Dieu » ?foi -> fides = fidĂ©litĂ© =la plus grande intimitĂ© dans la plus grande diffĂ©renceAvoir la foi = N'avoir de relation de fidĂ©litĂ© qu'Ă  l' en l'existence de Dieu -> ĂȘtre localisĂ© dans l'espace-temps, avoir une manifestation spatio-temporelle -> faire l'Ă©preuve d'un devenir, d'une histoire ; tension entre ce qu'on est et ce qu'on va ĂȘtreDonc par dĂ©finition Dieu ne peut pas exister car il serait corruptible et donc imparfait. Un Dieu doit ĂȘtre mais pas exister sauf dans le christianisme. Dans les autres, sa perfection l'empĂȘche d'exister. C'est ce point-lĂ  qui diffĂ©rencie rĂ©ellement le christianisme des autres religions l'incarnation est la preuve de l'imperfection. Ce qui ne devient rien subsiste. Ce qui est dĂ©jĂ  absolu ne peut se relativiser. Ce sont des conceptions divergentes de la puissance. Qui est le plus puissant ? Celui qui reste Ă©gal Ă  lui-mĂȘme sans jamais rien devenir ou celui qui fait l'expĂ©rience de l'impuissance ? Si Dieu s'incarne ce n'est plus un dieu, sauf dans le l'ancienne religion homĂ©rique, l'Ăąme psychĂš Ă©tait mortelle. Le nom psychĂš » vient du bruissement d'ailes des chauves-souris qui s'envolent. Il n'y a pas de religion sans cosmogonie ni anthropogonie. Dans la religion, dans Dieu on ne peut rien comprendre. St Paul Dieu a frappĂ© de folie la sagesse du monde », cette derniĂšre expression dĂ©signant la science qui croit qu'elle peut comprendre le rĂ©el sans le rĂ©fĂ©rer Ă  un principe Du mode d'existence des objets techniques Le texte repose sur la nuance du mot ordonner ». Il met en avant l'unitĂ© scientifique et morale de la religion. Dieu est une raison d'ĂȘtre matrice [=principe gĂ©nĂ©rateur] ontologique de toute rĂ©alitĂ© = sans lui il n'y a rien ; il est raison de connaĂźtre sans lui on ne comprend rien = principe d'intelligibilitĂ©/gnosĂ©ologique ; il est raison d'agir principe pratique = moral. Il rĂ©concilie l'ĂȘtre, le connaĂźtre et l'agir dans l'unitĂ© principielle de son absoluitĂ©. L'idĂ©e de Dieu est l'idĂ©e que l'univers est uni vers, tendu vers un centre spirituel. Tout ensemble ne forme pas un tout. Dans la totalitĂ©, il y a un principe d'identification de chaque chose, d'unitĂ© interne. C'est Ă  cause de cette idĂ©e de centre que les anciennes civilisations pensaient que l'univers Ă©tait sphĂ©rique. La religion est l'affirmation que tout ce qui est rĂ©el a un centre qui ordonne tout Ă  partir de lui. L'univers est une totalitĂ©, comme un corps humain l'Ăąme est un principe d'identification. Dans cette perspective, un dieu est l'Ăąme du monde. Dieu est principe d'unitĂ©, c'est la garantie que l'univers forme un tout. L'Ăąme est le miroir de la totalitĂ© et en possĂšde certaines caractĂ©ristiques. Il y a donc un centre universel du rĂ©el. Le besoin d'unitĂ© et de totalisation satisfait par la religion se traduit de deux maniĂšres scientifiquement -> thĂ©ologie = connaissance rationnelle de Dieu et moralement -> discipline de l'action. Le principe s'inquiĂšte de nos actes, il n'est pas indiffĂ©rent Ă  notre façon d'ĂȘtre et nous surveille. Une religion, c'est toujours une logique du devoir les dix commandements, la rĂšgle d'or, ou tout autre principe religieux. Ces devoirs sont ordonnĂ©s par Dieu. Un impĂ©ratif hypothĂ©tique » est un ordre qui peut ĂȘtre remis en question, qui ne vaut quer pour certaines circonstances. Une religion pose donc des devoirs qui sont catĂ©goriques dans toutes les circonstances. La religion est l'affirmation que l'Homme n'est pas sa propre raison d'ĂȘtre. La religion n'est jamais pragmatique. Ce n'est pas ce qui marche qui est bon, c'est l'intention qui est bonne. Ce n'est pas le rĂ©sultat de l'action qui fait qu'elle est bonne ou mauvaise. Il y a deux maniĂšres de mesurer la valeur d'une action l'intention qui lui donne lieu ou sa valeur opĂ©ratoire. La science et la technique ne font que dĂ©crire des processus, expliquent la rĂ©alitĂ©. Toutes ces dissertations explicatives de la sciences ne disent jamais pourquoi les choses se produisent. La thĂ©ologie en revanche rĂ©pond Ă  la question Pourquoi ? ». La religion est donc l'addition de la science et de la thĂ©logie. Dans la dĂ©tresse de nos vies, la science n'a rien Ă  nous dire » Housserl ». Notre esprit n'est pas nourri par le comment mais par le pourquoi. Une connaissance rĂ©duite Ă  une connaissance analytique et descriptiv est vide, inutile. L'exigence du pourquoi est une exigence de l'esprit. Dans la religion catholique, l'Homme a Ă©tĂ© créé pour devenir un ange, mais un ange plus fort que les anges car il dĂ©cide le Bien, tandis que l'ange n'a pas le choix. L'Homme possĂšde le libre-arbitre, qui l'assimile Ă  Dieu par opposition aux anges St Augustin, Enchiridion ; La citĂ© de Dieu. La prĂ©sence est un don et Dieu en est le donateur. Toute morale religieuse prĂ©suppose la subordination de l'individu Ă  Dieu, sa relativitĂ© Ă  Dieu. L'Homme est infĂ©rieur Ă  l'unitĂ© rĂ©elle, qui est celle du centre et donc de Dieu. Au fons, toute morale religieuse est sacrificielle. Dans le sacrifice, il y a l'idĂ©e que l'individu ne vaut pas par lui-mĂȘme mais grĂące Ă  un autre que lui, Dieu, car il donne Ă  chaque chose d'ĂȘtre ce qu'elle est. L'Homme ne donne pas la vie, il la transmet. Au dĂ©part, il y a un don qui vient d'ailleurs. PrĂ©caire vient de la mĂȘme racine que priĂšre, et signifie donc qui ne tient que grĂące Ă  une priĂšre », c'est-Ă -dire miraculeusement. C'est par la priĂšre que l'Homme rencontre Dieu. Peut-on vouloir entrer en communication avec Dieu ? N'est-ce pas renoncer Ă  vouloir quoi que ce soit ? -> MĂȘme paradoxe que vouloir s'endormir. Prier Dieu = Renoncer Ă  vouloir le rencontrer pour qu'il vienne Ă  notre rencontre. Le point de dĂ©part de la religion est la vexation Les quatre vĂ©ritĂ©s Il n'y a que quatre conceptions de la vĂ©ritĂ© Ce qui est fondĂ© sur la rigueur d'une dĂ©monstration, dĂ©voilement du qui est fondĂ© sur l'efficience d'une expĂ©rimentation, ce qui est soumis Ă  la force de la qui doit sa valeur Ă  la force d'une croyance en un tĂ©moignage ; pragmatiqueCe qui est fondĂ© sur l'Ă©vidence d'une intuition. DĂ©monstration Intuition ExpĂ©rimentation Croyance Mais parmi ces quatre conceptions, laquelle est premiĂšre ?La raison ? -> On bascule dans la folie croyance ? -> On bascule dans le ? -> On bascule dans le ? -> On bascule dans le mystique. Il faut donc maintenir ces quatre sens de la vĂ©ritĂ© et trouver une atriculation entre elles, qui est Ă©videmment Ă©nigmatique. La vĂ©ritĂ© est donc fondamentalement une Ă©nigme. Elle est un labyrinthe cf. labyrinthe de Chartres ; le propre du labyrinthe est qu'il n'y a pas de sortie. Sortir vraiment du labyrinthe est arriver en son centre. Philosopher est donc ne pas Ă©luder cette Ă©nigme, mais chercher Ă  se rapprocher de son centre. Un an aprĂšs la dĂ©couverte le 15 aoĂ»t 2008 sur une plage de LomĂ© du corps sans vie d’AtsutsĂš Kokouvi Agbobli, historien, journaliste et prĂ©sident du Mouvement pour le dĂ©veloppement national Modena, parti d’opposition togolais, il eut Ă©tĂ© aisĂ© de dĂ©noncer une nouvelle fois les circonstances troublantes de sa mort, les dĂ©clarations contradictoires et les atermoiements des autoritĂ©s policiĂšres et judiciaires togolaises, les propos surprenants prĂȘtĂ©s au chef de l’Etat, Faure GnassingbĂš, et l’inertie de la communautĂ© internationale. Il l’eut Ă©tĂ© en revanche beaucoup moins d’abandonner le combat en rase campagne, comme souvent en pareil cas, aprĂšs les dĂ©marches judiciaires entreprises, la mobilisation de l’opinion publique nationale et internationale et l’engagement rĂ©itĂ©rĂ© de poursuivre cette quĂȘte jusqu’au triomphe de la vĂ©ritĂ©. La suite aprĂšs la publicitĂ© Sans renoncer Ă  cette dĂ©nonciation ni envisager un quelconque abandon, le premier anniversaire de la mort non-Ă©lucidĂ©e d’AtsutsĂš Kokouvi Agbobli nous interpelle sur un mal lancinant qui ronge l’Afrique et constitue un des ferments des guerres civiles que nous connaissons depuis tant d’annĂ©es. Je veux bien sĂ»r parler de l’impunitĂ©. Et ce n’est pas la crĂ©ation, le 25 fĂ©vrier 2009, de la commission vĂ©ritĂ©, justice et rĂ©conciliation du Togo qui pourra y apporter un quelconque remĂšde. En effet, cette commission prĂ©sente au moins trois anomalies congĂ©nitales. Tout d’abord, le contexte politique dans lequel elle voit le jour. MĂȘme si elle procĂšde de l’Accord Politique Global du 20 aoĂ»t 2006 entre le pouvoir et les partis d’opposition, la commission vĂ©ritĂ©, justice et rĂ©conciliation ne s’inscrit nullement dans le cadre d’une alternance politique comme en Afrique du Sud au dĂ©but des annĂ©es 1990, mais au contraire d’une succession dynastique marquĂ©e par cet atavisme propre Ă  ceux qui dirigent le Togo depuis 1963 le coup d’Etat. Certes, il convient de porter au crĂ©dit du prĂ©sident de la RĂ©publique certains ajustements, mais ils sont avant tout mineurs. La rĂ©alitĂ© du pouvoir togolais demeure militaro-clanique. Peut-on alors attendre que la vĂ©ritĂ© jaillisse d’un tel rĂ©gime ? La suite aprĂšs la publicitĂ© Ensuite, le cadre judiciaire dans lequel elle s’inscrit. Le systĂšme judiciaire togolais n’a pas beaucoup Ă©voluĂ© ces derniĂšres annĂ©es Ă  l’exception notable de l’abolition rĂ©cente de la peine de mort. Il est avant tout le bras rĂ©pressif du pouvoir exĂ©cutif. Les victimes de crimes politiques et leurs ayants-droits peuvent-ils donc espĂ©rer que justice leur soit rendue une fois les conclusions de la commission remises au chef de l’Etat ? Il est permis d’en douter eu Ă©gard Ă  la maniĂšre dont les instructions sur l’homicide d’AtsutsĂš Kokouvi Agbobli et la tentative d’atteinte Ă  la sĂ»retĂ© de l’Etat d’avril 2009 sont actuellement conduites par la justice togolaise. N’aurait-t-on pas mis la charrue avant les bƓufs ? Il eut effectivement Ă©tĂ© plus judicieux d’asseoir l’Etat de droit, l’impartialitĂ© et l’indĂ©pendance du pouvoir judiciaire avant d’envisager de rendre justice aux victimes. La nĂ©cessaire catharsis du peuple togolais ne saurait faire l’économie d’une rĂ©forme en profondeur du systĂšme judiciaire. Enfin, la dimension psychologique dont elle manque cruellement. Le succĂšs d’une telle dĂ©marche repose en premier lieu sur les dĂ©positions des victimes et des tĂ©moins, mais aussi des auteurs des crimes. Quand bien mĂȘme leur sĂ©curitĂ© serait garantie, il est peu probable de voir tĂ©moigner des citoyens togolais en tant que victimes ou tĂ©moins. La suite aprĂšs la publicitĂ© La confiance entre le peuple et le pouvoir civil et militaire n’est pas suffisamment installĂ©e pour que les populations se laissent aller Ă  de tels Ă©lans. La peur et l’omerta rĂšgnent toujours en maĂźtres au Togo comme dans de nombreux pays africains. A l’opposĂ©, les accusĂ©s auraient-ils dĂ©jĂ  exprimĂ© le moindre dĂ©sir de repentance ? Si tel est le cas, l’écho de leurs voix n’est pas encore parvenu jusqu’à nous. Dans le cas contraire, la rĂ©conciliation nationale est encore loin devant nous. C’est donc au nom de nos pairs que j’en appelle aujourd’hui Ă  ne pas renoncer Ă  cette exigence de vĂ©ritĂ© et de justice pour toutes celles et tous ceux qui ont sacrifiĂ© leurs vies pour notre rĂȘve de dĂ©mocratie.

douter est ce renoncer à la vérité